Pharmacienne : RALISOA ALICE VERO HERIMITA

 

Interview de Madame RALISOA Alice Vero Herimita, Pharmacienne

 

1.Qu’est-ce qui vous a poussé dans lechoix de votre parcours professionnel ?

Ayant obtenu mon Baccalauréat série D en 1983, j’ai fait le Service National obligatoire dans le temps. Je me suis inscrite à l’université d’Antananarivo, et j’ai été sélectionnée à la faculté de Médecine. En ce temps, l’Etat malgache a offert des bourses extérieures pour l’URSS, aux bacheliers. Etant encore mineure, c’est mon oncle, de retour de son étude en URSS qui a contacté l’ambassade pour une demande de bourse. L’ambassade m’a mise dans le groupe « hors quota ». J’ai complété les dossiers nécessaires, et une semaine après, on m’a mis dans l’avion pour Moscou. J’avais le choix de suivre l’étude en médecine ou en pharmacie. Et on m’a mis dans un train pour faire l’étude en pharmacie à l’Académie National Pharmaceutique de Zaporozhie pendant 6 ans.

 

2.Quelles sont vos expériences vécues dans ce métier de pharmacien?

J’ai commencé dans le domaine professionnel en 1991. Mon parcours était assez difficile puisque je travaillais d’abord chez un « karana » à Maroantsetra, poste que j’ai décidé de quitter au bout de 4 mois.

J’ai rejoint mon mari à Diégo, et j’ai travaillé à la Pharmacie Marotsara chez un investisseur malgache. En 1997, je suis entrée et devenue membre de la JCI, j’ai pu avoir des formations. A partir de là, j’ai contacté l’Entreprendre Madagascar, qui m’a donné la formation d’entreprenariat. Et c’est l’Entreprendre Madagascar qui m’a tendu la main et m’a fait un prêt de 16 millions Fmg à l’époque, le fond qui m’a permis d’ouvrir mon officine.

En 1998, la Pharmacie Henintsoa a ouvert ses portes à Grand Pavois.

 

3.Quels sont, selon vous, les difficultés et avantages du secteur à Madagascar ?

Déjà c’est un secteur spécial puisqu’il y a un engagement personnel et professionnel. Le travail doit à tout temps rigoureux et soutenu.

Etant un professionnel de santé de proximité, je dois être à l’écoute des patients, de la clientèle et des médecins. Je me forme constamment pour savoir gérer tout ce qui concerne le bon déroulement du travail, l’encadrement du personnel, la gestion du stock et de la finance.  Au niveau des grossistes pharmaceutiques, je dois instaurer la confiance mutuelle, pour pouvoir accès librement aux produits et réduire ainsi le risque de rupture dans mon officine. C’est un travail difficile, contrairement aux apparences. Il faut savoir que ce que les médicaments qu’on achète aujourd’hui doit être payé au fournisseur au plus tard dans 1 mois, alors qu’à ce moment-là, seulement 25% de ces produits seront vendus, le reste en stock, il faudrait trouver l’argent pour payer le fournisseur. Et ainsi de suite, c’est un cycle continu. C’est pourquoi, je fais partie de ceux qui pratiquent une deuxième activité.

Pour les avantages, j’ai la satisfaction d’avoir rendu service et la reconnaissance des patients satisfaits de mes conseils et du travail effectué.

 

4.Que proposez-vous pour améliorer le secteur pharmaceutique ?

Au niveau de l’officine, la gestion de stock reste très importante. On doit faire le maximum pour éviter les ruptures surtout en ce temps de pandémie. Comme la majorité de la population se fournit en médicament auprès de nous, la qualité des produits doit être assurée et le prix exact. La relation avec les fournisseurs doit être compacte, suivie et claire. On ne peut pas se permettre d’être en mauvais terme avec les fournisseurs,  et on doit s’approvisionner auprès de plusieurs fournisseurs et ne pas se contenter d’un seul fournisseur. De plus garder une bonne relation avec les grossistes est avantageux puisque tu seras toujours informé à temps et avoir une priorité sur les nouveaux arrivages.

 

5.Quelle est votre impression sur votre collaboration avec MEDICO ?

Je peux dire que la relation que j’ai avec MEDICO est une des meilleures. D’abord, un ancien employé de ma pharmacie travaille actuellement chez MEDICO. Exceptionnellement, il est autorisé à vérifier avec notre stockiste l’existence des produits MEDICO dans nos stocks.

La proximité de Medico Diégo nous satisfait, puisque nous pouvons être servis au bout de quelques heures contrairement aux autres grossistes, dont les livraisons se feront au bout de 4 jours, voire une semaine.

 Au niveau des paiements, nous avons toujours trouvé un terrain d’entente, et nous ferons des efforts pour les améliorer.

 

 

5.Un mot de la fin.

Le travail d’un pharmacien n’est pas facile du tout. La qualité de médicaments, du service pourrait sauver mais aussi nuire, voire tuer des patients. Au niveau des prix, comme la population ne cesse de se plaindre des prix des médicaments, le pharmacien a le devoir de respecter les marges autorisées, et les appliquer en toute conscience. Un pharmacien se doit avoir l’esprit de la vérité et d’intégrité. Pour son personnel, le pharmacien doit bien encadrer son équipe, pour qu’ils soient des bons professionnels de santé et non seulement des vendeurs de médicaments, car ils sont en contact direct avec la clientèle, des patients.

 

 

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