Le client du mois – nov 2017

Entretien avec le Docteur RAJAOSAFARA RAJAONA Hary Baovola, Gérante de la Pharmacie HASIMBOLA – Galerie ZOOM – Ankorondrano depuis 1998 à ce jour.

RAJAOSAFARA RAJAONA Hary Baovola est Pharmacien diplômé de l’Université Libre de Bruxelles (1991). Elle est membre du bureau de l’Association des Pharmaciens de Madagascar depuis 1995 et membre du Conseil de l’Ordre des Pharmaciens de Madagascar entre 1999 et 2012. En 2007, elle a rejoint le bureau de l’Association « Les Confrères de Mada » et participe activement, depuis ce temps là, à des conférences et des congrès inter professionnels régionaux et nationaux. Coordonatrice de stage des étudiants du Département Pharmacie de la Faculté de Médecine d’Antananarivo (2005-2012) et Maître de stage des étudiants en pharmacie (depuis 2006), elle a occupé le poste de Présidente du Comité National de Lutte contre le Marché Illicite de Médicaments de 2011 à 2014. Elle a été également la Marraine de la 3ème promotion de pharmaciens « FANALA ».
En ce nouvel an 2016, « Aller vers un plus » est le thème de l’entretien qu’elle a bien voulu nous accorder. Le sujet invite à s’interroger sur des visions d’avenir et entend accueillir des approches novatrices dans le secteur pharmaceutique.

Bonjour Docteur, nous savons d’expérience que le poids du secteur pharmaceutique est très important sur le plan national, comment faut il sortir du paradigme de la Pharmacie à tout faire pour entrer dans l’univers Pharmacie servicielle ?
La Pharmacie, et j’entends par là, l’officine, n’offre pas un service conventionnel, car son domaine concerne la santé publique, donc spécifique et sensible à la fois puisqu’il s’agit de la santé et de la vie de nos concitoyens; Pharmacie à tout faire est donc un non sens car induirait des dérapages incontrôlables au détriment de la population : notre métier se focalise dans la dispensation de médicaments et de produits de santé et de bien-être mais aussi, et surtout, dans le conseil, le travail en amont étant réservé aux médecins. Il s’agit donc bien d’un service qui se doit d’abord d’être rigoureux et professionnel, mais aide aussi au mieux, dans le fond et dans la forme, les « clients ». Le fait que cette clientèle n’est pas segmentée, car la santé concerne tout le monde, nous oblige à avoir un sens très ouvert et adaptif du service que, seule, une formation pointue et permanente de nos équipes permet d’avoir au quotidien. Les programmes initiés par L’APM et ses partenaires y contribuent, à charge pour les pharmaciens de les suivre et d’y faire participer leurs collaborateurs. Les formations internes sur mesure sont aussi essentielles car un bon état d’esprit de service met aussi la population en confiance et pourrait amener tout un chacun à mieux s’occuper de sa santé dans les normes.

Nous sommes dans le contexte du « Numérique » où des nouveaux services émergent, la mobilité du futur est elle déjà en marche au sein du secteur ?
A Madagascar, pas encore vraiment, bien que de plus en plus de gens ont accès à la technologie. La Pharmacie est régie par différentes lois et des règlements restrictifs et nous voyons déjà les problèmes, les dérapages, les escroqueries et autres charlatanismes qui se font ailleurs, ne serait-ce qu’en ce qui concerne les ventes par internet. Mais cette voie de mettre à profit le numérique serait à creuser pour pallier aux difficultés d’accès aux médicaments pour certaines zones du pays, mais seulement, dans un cadre bien établi, car je rappelle que la fonction de conseil du pharmacien est essentielle, et un système de contrôle efficace. Une réflexion commune de toutes les parties prenantes et des usagers permettrait d’y parvenir pour qu’on y aille dans les meilleures conditions et pour un mieux être collectif. Quoiqu’il en soit, il est important que tous les pharmaciens investissent dans le numérique pour optimiser la gestion des officines.

En ce qui vous concerne, quels sont les avenirs que vous voulez et que proposeriez-vous pour gagner en efficacité ?
Aimer son métier, faut-il le rappeler ? car entraîné par les obligations, les tâches au quotidien… on ne se pose plus la question, tout devient routine et c’est très dangereux pour un métier en constante évolution et restructuration.
S’informer des actualités et situations pharmaceutiques locales et à l’international pour anticiper les éventuelles menaces à la profession comme la vente illicite et la contrefaçon des médicaments, la mainmise des non professionnels dans le circuit pharmaceutique entraînant le non respect de l’éthique et de la déontologie…
La formation continue, citée auparavant, pour pouvoir être à la hauteur de notre titre de docteur en pharmacie ! S’améliorer dans le fond et la forme – dans l’officine, ne pas oublier de revisiter notre vitrine, notre accueil !
Déléguer les tâches administratives aux collaborateurs afin de pouvoir exercer notre vrai métier de pharmacien au comptoir.

Votre mot de la fin,
Aller vers un plus dans le professionnalisme de tous les acteurs de la pharmacie, aller vers un plus dans la qualité de service pour asseoir la confiance des usagers, aller vers un plus pour une meilleure santé de tous ! A commencer par soi-même, mener une vie équilibrée ! Donc…à plus !

Nous vous remercions de cet entretien et vous souhaitons une très bonne année 2016 !

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